Lauréate du prix 2021 ISSS Emerging Scholar Award, International Studies Association

Articles

La plupart de mes articles sont disponibles gratuitement sur le site Academic Commons. N’hésitez pas à m’envoyer un e-mail si vous souhaitez recevoir un exemplaire électronique de l’un des articles figurant sur cette page et que vous ne pouvez pas y accéder grâce aux liens ci-dessous.

Article stratégique

La crise du maintien de la paix : Pourquoi l’ONU ne peut pas mettre fin à la guerre

Foreign Affairs, janvier/février 2019

Les missions de maintien de la paix de l’ONU échouent parce qu’elles s’appuient sur des solutions descendantes plutôt que sur des stratégies ascendantes qui font appel aux connaissances locales.

Spanish Translation: La Crisis del Mantenimiento de la Paz

Foreign Affairs LatinoAmérica, 19 (3), juillet / septembre 2019

La estrategia de la comunidad internacional para afrontar los conflictos no funciona. Sin embargo, para que haya más posibilidades de lograr una paz duradera, la comunidad internacional debe contar más con las personas a las que se intenta proteger.

Débat

Foreign Affairs, avril / mai 2019

Lettre à l’éditeur, de Peter Yeo, suivie de ma réponse

Article stratégique

Audition devant le Congrès : Résoudre la crise politique en République Démocratique du Congo

Audition devant la sous-commission Afrique, santé mondiale, droits de l’homme et organisations internationales de la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants. U.S. Government Publishing Office, Washington, D.C., États-Unis, novembre 2017.

Cette déclaration présente la version écrite longue de l’analyse et des recommandations que j’ai développées lors de l’audition du 9 novembre « Résoudre la crise politique en République Démocratique du Congo ». Elle fait partie de la transcription officielle de l’audition.

Article stratégique

La manière appropriée de consolider la paix au Congo

Foreign Affairs, avril 2017

Travailler avec les élites nationales, les dirigeants locaux et les citoyens ordinaires pour planifier les programmes internationaux est le meilleur moyen de consolider la paix au Congo. La tenue d’élections nationales n’est pas la seule voie à suivre.

Article académique

Consolidation de la paix internationale et réussite locale : idées reçues et efficacité

International Studies Review 19 (1), pp. 114-132, 2017

Les recherches disponibles sur la guerre et la paix ne comportent souvent pas d’analyse des éléments qui permettent à la consolidation de la paix de réussir au niveau infranational. Au lieu de cela, la plupart des chercheurs se concentrent sur l’échec de la consolidation de la paix et sur les dynamiques au niveau macro. Cette approche est regrettable car les obstacles à la consolidation de la paix sont tels que la question la plus intéressante est de savoir pourquoi les efforts internationaux réussissent parfois, plutôt que pourquoi ils échouent. Le manque d’attention portée à la réussite est également problématique car il en résulte des conclusions ambiguës. D’une part, il existe un consensus naissant sur le fait que la résolution des conflits au niveau local est cruciale pour la consolidation de la paix. Il y a également un accord sur le fait que, toutes choses étant égales par ailleurs, le soutien international tend à augmenter les chances de réussite de la consolidation de la paix. D’autre part, lorsque les acteurs internationaux ont essayé de soutenir des initiatives locales, ces efforts ont souvent eu des conséquences contre-productives et ont aggravé la situation. Les acteurs internationaux doivent-ils soutenir les processus locaux de consolidation de la paix ? Si oui, comment peuvent-ils le faire ?

En s’appuyant sur des entretiens approfondis, des observations sur le terrain et des témoignages de participants dans neuf zones de conflit différentes, ainsi que sur l’analyse de documents, cet article fait un premier pas pour expliquer si, comment, pourquoi et dans quelles conditions les intervenants internationaux (y compris les donateurs, les diplomates, les casques bleus et le personnel étranger des organisations internationales et non gouvernementales) peuvent contribuer au succès des efforts de paix locaux ou partant de la base. Il apporte trois contributions essentielles. Premièrement, il montre que la littérature politique et scientifique souffre d’un défaut de recherche sur le soutien international réussi apporté à la résolution des conflits locaux. Deuxièmement, il souligne le rôle crucial, et insuffisamment documenté, des idées reçues dans l’élaboration des initiatives de consolidation de la paix. Troisièmement, il développe un cadre théorique pour analyser comment les idées reçues influencent les efforts de paix internationaux. À titre d’illustration, cet article analyse trois idées reçues largement répandues sur la consolidation de la paix et le rôle des artisans de la paix. Dans chaque cas, il remet en question des idées reçues que les intervenants internationaux considèrent comme allant de soi, mais qui sont en réalité non fondées et préjudiciables, tout en identifiant les modes d’analyse qui favorisent l’efficacité de la consolidation de la paix.

Article stratégique

Ce qu’il manque au débat sur les élections au Congo

Foreign Affairs, mars 2017

Pour apporter la paix et la prospérité au Congo, il faudra changer d’attitude, arrêter de se préoccuper exclusivement de la crise politique à Kinshasa et se tourner vers les acteurs locaux qui ont le pouvoir de s’attaquer aux sources profondes des troubles du pays.

Chapitre de livre

Paternalisme et consolidation de la paix : Capacité, connaissances et résistance dans les interventions internationales

Paternalism Beyond Borders, éd. Michael Barnett, Cambridge, Royaume-Uni : Cambridge University Press, pp. 161-184, 2016

Fondé sur plusieurs années de travail de terrain dans les zones de conflit du monde entier, ce chapitre analyse la façon dont le paternalisme se manifeste dans la construction de la paix internationale sur le terrain. Deux éléments principaux sont à la base des attitudes paternalistes qui reviennent dans la consolidation de la paix par les internationaux : premièrement, l’idée que les populations locales ont besoin d’aide parce qu’elles manquent de capacités et d’expertise et, deuxièmement, la conviction que les acteurs internationaux possèdent les capacités et les connaissances requises pour fournir cette aide. La politique de la connaissance à l’œuvre dans la consolidation de la paix est à l’origine de ces deux récits récurrents, et elle légitime l’ingérence internationale. Sur le terrain, les conséquences les plus importantes des attitudes paternalistes qui en résultent sont que les populations locales résistent, remettent en question ou rejettent régulièrement les programmes internationaux qui sont censés les aider. Les rares exceptions aux pratiques paternalistes dominantes témoignent des avantages inhérents aux approches alternatives. Cependant, trois obstacles principaux – le rôle des structures de responsabilité, le dilemme auquel sont confrontés les intervenants internationaux pour trouver un équilibre entre l’inclusion des acteurs locaux et les obstacles que cette inclusion crée souvent, et les sous-produits néfastes de la politique de la connaissance à l’œuvre dans le domaine de la consolidation de la paix – rendent particulièrement difficile de changer et de mettre fin à ces pratiques répandues.

Article académique

La responsabilité de protéger au Congo : L’échec de la prévention à la base

International Peacekeeping 23 (1), pp. 29-51, 2016

(Réimprimé dans Brett O’Bannon. Réévaluation de la responsabilité de protéger : Défis conceptuels et opérationnels, New York : Routledge, pp. 93-113, 2016)

La prévention a été la dimension la plus importante des documents fondateurs de la Responsabilité de protéger et des efforts de sensibilisation qui ont suivi. Cependant, la mise en œuvre effective de la protection sur le terrain s’est concentrée sur la réaction aux crises. Cet article développe une étude de cas sur la reprise de la guerre au Congo en 2008 afin de comprendre pourquoi et comment cela s’est produit.

Les artisans de la paix internationaux ont mené une action préventive au Congo, mais pas dans le cadre des efforts de protection. Ils se sont concentrés sur la prévention de la reprise des guerres nationales et régionales, et ont ignoré les conflits locaux qui ont alimenté ces tensions plus larges. La raison en est une culture dominante de la consolidation de la paix internationale. Cette culture a façonné les efforts internationaux de telle manière que les trois conditions essentielles à une prévention efficace – la volonté politique, l’alerte précoce et le guide de prévention – étaient présentes pour la prévention de la reprise des combats nationaux et régionaux, mais absentes pour la prévention de la violence locale. La stratégie qui en a résulté a permis à une crise localisée dans la province du Nord-Kivu de dégénérer en une guerre de grande ampleur. Le même type d’effet semble généralisable à plusieurs interventions récentes.

Article stratégique

Conflits au pays de la paix

Foreign Policy, octobre 2015

En opérant dans une bulle fortifiée, en ignorant les connaissances locales et en ne parlant pas la langue, les missions de paix entravent en fait les personnes qu’elles essaient d’aider.

Article stratégique

Connaissances locales et consolidation de la paix

Ce qui doit changer dans les opérations de paix de l’ONU : Un dossier d’experts préparé pour le Groupe indépendant de haut niveau sur les opérations de paix, Centre pour la coopération internationale et Institut international pour la paix, novembre 2014

Ce court article présente une liste de réformes suggérées pour améliorer l’inclusivité des efforts de maintien de la paix.

Article académique

Passer à l’échelle micro : Recherche émergente et future sur le maintien de la paix

International Peacekeeping 21 (4), pp. 492-500, 2014

Ces quinze dernières années, les universitaires ont commencé à examiner les dimensions locales et micro du maintien de la paix. Ils ont étudié la nature et l’efficacité de la consolidation de la paix en partant de la base, évalué les impacts locaux et nationaux des interventions de maintien de la paix et analysé les actions décentralisées des artisans de la paix internationaux sur le terrain. Ce commentaire montre que, malgré les limites de l’approche, l’étude de ces trois sujets ouvre des domaines de recherche fructueux, en particulier l’analyse des liens micro-macro, l’évaluation des impacts infranationaux du maintien de la paix dans différents cas, l’explication des succès de la consolidation de la paix et la compréhension des causes de la paix elle-même.

Article académique

Récits dangereux : Récits récurrents sur le Congo et leurs conséquences involontaires

African Affairs, 111 (443), pp. 202-222, 2012


Prix du meilleur article 2013 du African Politcs Conference Group


Chercheurs et politiques expliquent souvent la persistance de la violence dans l’est de la République Démocratique du Congo comme étant le résultat des actions incendiaires des dirigeants nationaux et régionaux combinés à l’inefficacité des efforts internationaux de consolidation de la paix. Fondé sur plusieurs années de recherche ethnographique, cet article ajoute une pièce supplémentaire au puzzle, en soulignant les conséquences perverses d’efforts internationaux bien intentionnés.

Je soutiens que trois récits dominent le discours public sur le Congo et éclipsent les nombreux autres aspects de la situation. Ces récits se concentrent sur une cause première de la violence, l’exploitation illégale des ressources minières ; une conséquence principale, les abus sexuels sur les femmes et les jeunes filles ; et une solution centrale, l’extension de l’autorité de l’État. Je démontre pourquoi des récits simples sont nécessaires pour les décideurs politiques, les journalistes, les groupes de pression et les acteurs sur le terrain, en particulier ceux qui sont impliqués au Congo. J’examine ensuite chacun de ces récits à tour de rôle et j’explique comment ils ont acquis de l’importance : ils ont fourni des explications claires sur la violence, ont suggéré des solutions réalisables et ont trouvé un écho auprès du public étranger. Je démontre que l’accent mis sur ces récits et sur les solutions recommandées a donné des résultats qui vont à l’encontre des objectifs visés, notamment une augmentation des violations des droits de l’homme.

Chapitre de livre

Les Intervenants Internationaux

Chapitre dans le livre de  Titouan Lamazou, Ténèbres au Paradis – Africaines des Grands Lacs, Gallimard, 2011

Document disponible uniquement en version papier

Article académique

The Trouble with the Congo: Un Précis
Sept commentaires, trois débats et un livre : la réponse de l’auteur

Symposium sur le livre « The Trouble with the Congo », African Security Review, 20 (2), pp. 56-65 et 114-124, 2011

Résumé du précis du livre : The Trouble with the Congo suggère une nouvelle explication des échecs internationaux en terme de consolidation de la paix en situations de guerres civiles. S’appuyant sur plus de 330 entretiens et un an et demi de recherche sur le terrain, cet ouvrage développe une étude de cas de l’intervention internationale durant la transition infructueuse de la guerre à la paix et à la démocratie en République Démocratique du Congo (2003-2006). Les rivalités communautaires autour de la terre, des ressources et du pouvoir politique ont provoqué une violence généralisée. Cependant, une culture dominante de consolidation de la paix a façonné la stratégie d’intervention d’une manière qui a empêché d’agir sur les conflits locaux, condamnant à l’échec ces efforts internationaux visant à mettre fin au conflit le plus meurtrier depuis la Seconde Guerre mondiale. La plupart des acteurs internationaux ont interprété la poursuite des combats comme la conséquence des seules tensions nationales et régionales, et les diplomates et le personnel de l’ONU ont considéré l’intervention au niveau macro comme leur seule responsabilité légitime. La culture dominante considérait la consolidation de la paix au niveau local comme une tâche si peu importante, si peu familière et si difficile à gérer que ni les événements choquants ni la résistance de certains individus n’ont pu convaincre les acteurs internationaux de réévaluer leur compréhension de la violence et de l’intervention. Grâce à cette analyse approfondie, The Trouble with the Congo propose des moyens novateurs pour faire face aux guerres civiles en Afrique et au-delà.

Résumé de la réponse : Ce symposium a été extrêmement enrichissant. Non seulement les commentateurs sont généralement d’accord avec les principales affirmations du livre, mais mon argumentation a également suscité de nombreux débats. Les réactions se concentrent sur trois questions principales. Premièrement, les causes descendantes ou ascendantes sont-elles à l’origine de la violence au Congo ? Deuxièmement, la réponse internationale à la violence doit-elle se faire du haut vers le bas ou du bas vers le haut ? Enfin, les contraintes, les intérêts particuliers ou les cadres culturels expliquent-ils au mieux pourquoi les intervenants internationaux ont jusqu’à présent négligé de soutenir la consolidation de la paix au niveau local ? Ma réponse aborde chacune de ces questions à tour de rôle. Tout d’abord, j’utilise les données présentées dans les commentaires pour étayer l’affirmation centrale du livre : les conflits locaux ont été des causes importantes de violence pendant la transition vers la paix. Deuxièmement, je développe mes recommandations politiques. Je démontre qu’une approche ascendante aurait été un complément essentiel à la stratégie descendante, et je précise le rôle que les intervenants internationaux auraient pu jouer dans le processus ascendant. Troisièmement, j’explique comment la culture internationale dominante en matière de consolidation de la paix a engendré les contraintes et les intérêts qui ont entravé l’action internationale en regard des conflits locaux. Je conclus en discutant brièvement les suggestions de recherches complémentaires présentées dans les commentaires.

Article académique

Construire la Paix : Conceptions Collectives de son Établissement, de son Maintien et de sa Consolidation

Critique Internationale, 51 (2)pp. 153-167, 2011

Cette analyse examine les recherches en anthropologie et en relations internationales portant sur les conceptions collectives et les interventions de paix afin d’identifier leurs contributions, d’élucider les débats actuels, de mettre en évidence les aspects complémentaires et conflictuels de ces littératures et d’éclairer leurs lacunes respectives. J’examine d’abord la recherche « par le haut », qui se concentre sur deux thèmes principaux : les styles de négociation nationaux et la culture diplomatique, et le paradigme de la paix libérale. Après avoir mis en évidence les apories de cette approche « par le haut », je passe à deux débats centraux dans la recherche « par le bas » sur les interventions de paix : la divergence entre les cultures des intervenants et celles des populations locales, et l’importance des cadres professionnels et organisationnels des intervenants. Pour conclure, je mets l’accent sur les domaines qui restent peu étudiés.

Version française en format papier de la revue

Version anglaise en ligne sur le site web de Critique Internationale

Article stratégique

Violence en temps de paix – Violence post-conflit et stratégies de consolidation de la paix.

Programme sur les États et la sécurité, Ralph Bunche Institute for International Studies, 2010

Cette synthèse présente une vue d’ensemble des recherches universitaires sur les sources de la violence dans les environnements d’après-guerre et sur les stratégies pour y remédier. Elle établit une distinction entre les tensions d’avant-guerre non traitées, les clivages provoqués par la guerre et les conflits générés par la paix. Elle soutient que les stratégies actuelles de consolidation de la paix présentent deux faiblesses majeures, qui expliquent leurs échecs fréquents. Premièrement, elles négligent les causes de la violence au niveau micro. Deuxièmement, elles ne consacrent pas suffisamment d’attention et de ressources à la reconstruction de l’État (qui se distingue de la simple tenue d’élections).

Article académique

Hobbes et le Congo: Cadres discursifs, violence locale et interventions internationales

International Organization, Vol. 63, pp. 249-280, 2009

Pourquoi les bâtisseurs internationaux de la paix ne prennent-ils pas en compte les causes locales des processus de paix qui échouent ? Les explications existantes des échecs de la consolidation de la paix, qui se concentrent sur les contraintes et les intérêts particuliers, n’expliquent pas la négligence internationale des conflits locaux. Dans cet article, je montre comment les cadres discursifs façonnent les interventions et empêchent l’action internationale sur la violence locale. À partir de plus de 330 entretiens, d’une ethnographie multi-sites et de l’analyse de documents, je développe une étude de cas sur la transition de la République Démocratique du Congo de la guerre à la paix et à la démocratie (2003-2006). Je démontre que les enjeux locaux ont joué un rôle décisif dans le maintien de la violence locale, nationale et régionale. Cependant, un cadre discursif de la consolidation de la paix post-conflit a façonné la compréhension internationale de la violence et de l’intervention de telle manière que la résolution locale des conflits semblait non pertinente et illégitime. Ce cadre discursif comprenait quatre éléments clés : les acteurs internationaux ont qualifié le Congo de situation « post-conflit » ; ils estimaient que la violence y était innée et donc acceptable même en temps de paix ; ils ont conceptualisé l’intervention internationale comme étant exclusivement axée sur les domaines national et international ; et ils considéraient la tenue d’élections, par opposition à la résolution locale des conflits, comme un outil réalisable, approprié et efficace pour la consolidation de l’État et de la paix. Ce cadre a autorisé et justifié des pratiques et des politiques spécifiques tout en en excluant d’autres, notamment la résolution locale des conflits, ce qui, en fin de compte, a condamné les efforts de consolidation de la paix à l’échec. En conclusion, je soutiens que l’analyse des cadres discursifs est une approche fructueuse pour résoudre le puzzle des échecs internationaux en matière de consolidation de la paix au-delà des frontières du Congo.

Traduction espagnole : Hobbes y el Congo: Marcos, Violencia Local e Intervención Internacional

Revista de Relaciones Internationales, No. 16, pp. 97-134 , 2011

¿Por qué los constructores internacionales de la paz no toman en consideración las causas locales de los procesos de paz que fallan? A través del presente artículo demuestro cómo las agendas locales jugaron entonces un rol decisivo en fomentar la violencia a nivel local, regional y nacional. Sin embargo, la existencia de un marco de construcción de la paz posbélica configuraba la visión internacional de la violencia y de la intervención de tal manera que la resolución del conflicto local era considerada como irrelevante e ilegitima. Este marco incluyó enseguida cuatro elementos fundamentales: los actores internacionales etiquetaron la situación en Congo de “postconflicto”; estos mismos actores creyeron que la violencia constituía un componente innato en la sociedad congolesa y, por lo tanto, aceptable incluso en tiempos de paz; conceptualizaron la intervención internacional como un asunto exclusivo de la esferas nacional e internacional; y consideraron la celebración de elecciones, en lugar de la resolución del conflicto local, como una herramienta viable, apropiada y efectiva para la construcción del estado y de la paz. Este marco, al autorizar y justificar prácticas y políticas específicas mientras impedía otras, en particular la resolución de conflictos locales, acabó condenando en última instancia los esfuerzos para la construcción de la paz. Para concluir, sostengo que el análisis de los marcos discursivos es un enfoque fructífero para intentar resolver los puzles de los fracasos internacionales en la construcción de la paz que se dan, también, más allá de las fronteras del Congo.

Article stratégique

The Trouble with Congo – Comment les conflits locaux attisent les conflits régionaux

Foreign Affairs, mai/juin 2008

Bien que la guerre au Congo ait officiellement pris fin en 2003, deux millions de personnes sont décédées depuis. L’une des raisons est que les efforts de maintien de la paix de la communauté internationale dans ce pays ne se sont pas concentrés sur les griefs locaux dans l’est du Congo, en particulier ceux concernant la terre, qui attisent une grande partie des tensions plus générales. Tant que ce ne sera pas le cas, la sécurité de la nation et celle de la région des Grands Lacs resteront incertaines.

Chapitre de livre

Penser les Conflits Locaux : L’Échec de l’Intervention Internationale au Congo

L’Afrique des Grands Lacs : Annuaire 2007-2008, Paris: L’Harmattan, pp. 179 – 196, 2008

Ce chapitre fait le point sur l’intervention internationale en République Démocratique du Congo afin d’expliquer pourquoi elle ne parvient pas à mettre fin à la violence dans les provinces de l’Est. Sur la base des observations de terrain au Congo, de l’analyse de documents et de plus de 330 entretiens, il démontre qu’une violence intense a continué entre 2003 et 2008, en partie à cause de la présence de conflits locaux. Les acteurs internationaux ont laissé ces tensions locales s’envenimer parce qu’ils les ont perçues comme une conséquence de problèmes plus larges et comme une question humanitaire. Les acteurs internationaux se sont donc concentrés sur la réconciliation nationale et régionale, notamment par l’organisation d’« élections libres et équitables », et ils se sont rejeté les uns sur les autres la responsabilité de travailler sur la violence au niveau local. Ils n’ont prêté attention aux problèmes locaux qu’en cas d’événements choquants ou lorsqu’ils ont réalisé que les tensions micro et macro étaient liées. En conséquence, ils ont négligé de nombreux conflits locaux cruciaux, qui ont régulièrement éclaté en crises majeures.

Article académique

République Démocratique du Congo : Expliquer les échecs de la consolidation de la paix, 2003 – 2006

Review of African Political Economy, 113 (34), pp. 423-442, 2007

Dans un souci de correction de la priorité accordée à la réconciliation nationale et internationale au cours des processus de consolidation de la paix, je développe ici une analyse conceptuelle des dynamiques de la violence pendant la transition de la guerre à la paix et à la démocratie en République Démocratique du Congo entre 2003 et 2006. J’analyse les sources, aux niveaux local, national et régional, de la poursuite de la violence pendant cette transition. À travers une étude de la situation dans les provinces du Nord Kivu et du Nord Katanga, j’illustre comment les dynamiques locales ont interagi avec les dimensions nationales et régionales du conflit. Je montre qu’après la conclusion d’un accord national et régional, certains conflits locaux concernant la terre et le pouvoir politique sont devenus de plus en plus autonomes et déconnectés des voies nationales et régionales. Ainsi, une action de consolidation de la paix était nécessaire non seulement aux niveaux national et régional, mais aussi au niveau local.

Article académique

Violence locale, paix nationale ? La « solution » de l’après-guerre dans l’est de la R.D. du Congo (2003 – 2006)

Africa Studies Review, 49 (3), pp. 1-29, 2006


Prix 2006 de l’Association des études africaines pour le meilleur article d’un doctorant


Cet article développe une analyse conceptuelle de la dynamique de la violence pendant la transition de la guerre à la paix et à la démocratie en République Démocratique du Congo entre 2003 et 2006. J’analyse les sources, aux niveaux local, national et régional, de la poursuite de la violence locale pendant cette transition. À travers une étude de la situation dans les Kivus, j’illustre comment les dynamiques locales ont interagi avec les dimensions nationales et régionales du conflit. Je montre qu’après la conclusion d’un accord national et régional, certains conflits locaux portant sur la terre et le pouvoir politique sont devenus de plus en plus autonomes et indépendants des voies nationales et régionales.

Article stratégique

Kongo’da siddet ve ölüm kültürü (Violence et la Culture de la Mort au Congo)

Birikim, Volume 174, Octobre 2003, pp. 88 – 96, traduit par Koray Caliskan

En turc. Pour ceux qui voudraient commander l’exemplaire papier, voici le lien vers Birikim.

Article académique

La « diplomatie humanitaire » des États-Unis au Soudan du Sud

Journal of Humanitarian Affairs, janvier 2002

Cet essai étudie la manipulation de l’aide alimentaire au Soudan du Sud et son interaction avec la politique américaine : les États-Unis sont le principal donateur d’aide au Soudan et, en même temps, ils apparaissent comme l’un des principaux opposants de Khartoum sur la scène internationale. Cet essai soutient que l’aide humanitaire, et en particulier l’aide alimentaire, ne remplace pas l’action politique, mais qu’elle est devenue le principal instrument de la politique américaine au Soudan au cours des dix dernières années.

Tiraillés entre leurs impératifs économiques, politiques, géostratégiques et moraux contradictoires, les États-Unis ont dû adopter une stratégie difficile : soutenir les rebelles, mais pas ouvertement et pas suffisamment pour leur permettre de gagner la guerre. Dans ce contexte, l’aide humanitaire, avec sa réputation de neutralité et son attrait moral dissimulant une vulnérabilité fondamentale à toutes sortes de manipulations, est un outil très efficace. L’aide alimentaire est particulièrement utile : elle s’oppose directement à la stratégie de Khartoum (affamer le Sud pour le soumettre) et aide directement le mouvement et l’armée rebelles de plusieurs façons (en leur apportant des ressources ainsi qu’une légitimité nationale et internationale). L’aide alimentaire a également l’avantage crucial de s’inscrire parfaitement dans les préjugés occidentaux sur l’Afrique — un continent affamé et dépendant de l’Occident — de sorte que personne ne pense à remettre en cause les motivations sous-jacentes de l’aide américaine au Soudan.